USA-Russie : Une approche divergente.

septembre 21 | Posted by D. Forget | Amérique, CEI

Alors que nous avons assistĂ© il y a quelques jours Ă  un revirement de la politique de Washington dans ses relations diplomatiques Ă  l’Ă©gard de Moscou avec l’abandon de l’installation du bouclier anti missiles en Pologne et en RĂ©publique Tchèque, une question de taille demeure toutefois. Quelle sera Ă  moyen et long terme l’attitude de Moscou ?

Car si tous les acteurs internationaux, excepté les chefs d’état tchèque et polonais pourtant enjoint de faire bonne figure, n’ont depuis le discours de Barack Obama eu de cesse de se féliciter de la décision américaine d’amoindrir considérablement la portée des missiles à déployer et de reporter l’opérabilité du système sur terre à 2015 afin, officieusement, car les Etats Unis d’Amérique ne peuvent se soumettre volontairement aux grondements de l’Ours russe, de favoriser les relations entre leurs pays, il n’est pourtant pas dit que les attentes américaines sur le soutien que Moscou apporterait aux résolutions de l’ONU contre le régime de Téhéran soient récompensées à leur juste manière.

La Russie ayant toujours considéré que ce projet anti-missile discréditait sa capacité de dissuasion nucléaire et que le renoncement américain était plus qu’une source de satisfaction sporadique propre à ceux dont les vues diffèrent, mais la réponse nécessaire à un acte déraisonnable, illégitime et dont l’existence même était prétexte à conflit, il n’est pas improbable qu’elle ne se sente pas si redevable et que l’enthousiasme affiché ne soit pas en réalité beaucoup plus modéré.

Car si Moscou décide effectivement de soutenir, ou tout du moins de ne pas apposer son veto aux sanctions que l’ONU ne manquera pas de demander contre la République Islamique d’Iran au sujet de son engouement pour les activités cryptiques et pour le nucléaire, il est impossible de croire que le Kremlin oublie ses ambitions territoriales qu’il juge là aussi justifiées.

Des accords de défense ayant été signés avec les régions séparatistes de la Géorgie, l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud, Moscou pourra y établir des bases militaires durant les cinquante prochaines années à commencer par le port de Goudaouta en passe, s’il advenait que la base navale de Sébastopol en Crimée soit effectivement bientôt fermée en raison de la politique pro-occidentale du gouvernement Ukrainien, de lui offrir une base de remplacement sur le pourtour de la Mer Noire, toujours plus convoité.

C’est donc la Crimée, au détriment de l’intégrité de l’Ukraine, en raison de son fort pourcentage de russophones qui pourrait faire les frais de la volonté expansionniste de la Russie qui trouverait là, parmi ses habitants, l’écho favorable à une « autonomisation » militairement soutenue.

Les relations bilatérales entre les deux anciens blocs sont encore bien loin d’être normalisées et il est à craindre que la bonne volonté américaine, pourtant louable, en soit désenchantée.

D. Forget
21/09/2009

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