L’humanitaire Ă  la rescousse du militaire.

février 14 | Posted by D. Forget | Union Européenne

Nous entendons depuis quelques jours Ă  nouveau parler d’une vieille idĂ©e lancĂ©e au lendemain de la fin de la seconde guerre mondiale, la crĂ©ation d’une ArmĂ©e EuropĂ©enne. Ce sujet, replacĂ© sur le devant de la scène mĂ©diatique par le Ministre des Affaires Etrangères Allemand, Guido Westerwelle, lors de la 46ème Munich Security Conference, Ă  aujourd’hui tout d’un voeu pieu tant les difficultĂ©s inhĂ©rentes Ă  la crĂ©ation d’une telle organisation sont nombreuses.

Sur le plan national, les nations europĂ©ennes ayant historiquement une solide connaissance des enjeux stratĂ©giques mondiaux et se faisant les apĂ´tres de leur l’autonomie puis de celle de l’Union EuropĂ©enne ne pourraient accepter ni mĂŞme envisager une dĂ©lĂ©gation de pouvoir qui ne serait alors pas soutenue par Bruxelles tentĂ© par l’attraction atlantiste.
Il existe de la mĂŞme façon sur le plan inter-Ă©tatique des diffĂ©rences fonctionnelles qu’il faudra niveler comme en tĂ©moigne la disparitĂ© des formations du personnel militaire, de leur matĂ©riel et des financements (en dessous des 2% du PIB habituellement considĂ©rĂ©s comme reprĂ©sentant le seuil minimum du budget Ă  attribuer).

Il subsiste pourtant un moyen, si tentĂ© que la crĂ©ation d’une ArmĂ©e EuropĂ©enne devienne une prioritĂ©, de pourvoir Ă  une notable amĂ©lioration de la situation Ă©voquĂ©e.
Il s’agirait de crĂ©er non pas sous commandement civil mais sous commandement militaire le Corps volontaire europĂ©en d’aide humanitaire comme prĂ©vu dans l’article 214 de la version consolidĂ©e du traitĂ© sur l’Union europĂ©enne et du traitĂ© sur le fonctionnement de l’Union europĂ©enne.
Ainsi, ce Corps Volontaire, pour lequel il reste tout Ă  faire et en particulier tracer et crĂ©er une structure europĂ©enne opĂ©rationnelle de commandement, un système de surveillance, d’analyse et de communication et de mettre en place l’acquisition puis subsĂ©quemment la gestion de moyens de transport terrestres, maritimes et aĂ©riens nĂ©cessaires Ă  l’accomplissement des missions de secours et d’assistances, pourrait non seulement reprĂ©senter les prĂ©mices d’une activitĂ© tangible commune mais Ă©galement initier les processus dĂ©cisionnels qui font aujourd’hui tant dĂ©faut.

En utilisant ce modèle de coordination comme base de la future ArmĂ©e EuropĂ©enne et tenant compte de la spĂ©cialisation des Etats ayant les moyens financiers les plus limitĂ©s dans des niches d’activitĂ©s spĂ©cifiques, il n’y aurait alors plus qu’Ă  adjoindre des moyens plus performants en terme de renseignement d’origine spatiale puis qu’Ă  y associer Ă  plus long terme un système europĂ©en de dĂ©fense, interopĂ©rable, en mesure de conduire des opĂ©rations d’envergure en puissance comme en durĂ©e avec pour objectif final la crĂ©ation d’un système anti-missile europĂ©en et d’une capacitĂ© de dissuasion nuclĂ©aire propre.

Ainsi, l’Union EuropĂ©enne, qui, le siècle dernier se crĂ©ait sur des espĂ©rances pacifistes pourrait Ă  nouveau, 60 ans plus tard, utiliser le socle humanitaire pour satisfaire ses lĂ©gitimes aspirations communautaires et consolider sa place au sein d’un monde multilatĂ©ral auprès duquel il devient impĂ©ratif qu’elle sache s’adapter sous peine de voir un jour les dĂ©cisions internationales se prendre sans qu’elle n’ait voix.

D. Forget
14/02/2010

5 Responses to “L’humanitaire Ă  la rescousse du militaire.”

  1. Angely dit :

    L’armĂ©e europĂ©enne, une excellente idĂ©e, il faut bien qu’un jour l’Union EuropĂ©enne se donne les moyens, afin d’accentuer son rayonnement dans le monde. La force militaire fait parti de ces moyens. Toutefois, on connait l’attitude de certains pays membres de l’Union EuropĂ©enne, qui ne font que profiter des avantages, et qui n’ont jamais voulu de cette armĂ©e. On connait Ă©galement des pays, qui ne voudront pas d’une armĂ©e europĂ©enne tout simplement, parce qu’ils ne possèdent pas l’arme nuclĂ©aire et qu’ils comptent fortement sur la protection des États-Unis. Et en parlant des États-Unis, ces derniers qui ont contribuĂ© fortement après la Seconde Guerre mondiale Ă  la reconstruction de l’Europe, se sont toujours opposĂ©s Ă  cette armĂ©e. Avec tant d’obstacles Ă  la crĂ©ation d’une vĂ©ritable armĂ©e europĂ©enne, on peut s’interroger sur le vĂ©ritable dĂ©bouchĂ© des ces idĂ©es d’armĂ©e…

  2. D. Forget dit :

    Sur le véritable débouché ? Que voulez-vous dire ?

  3. Angely dit :

    Cela signifie que ces idĂ©es resteront de l’ordre de l’utopie, tant que ces obstacles persisteront. Il n’y a plus qu’Ă  attendre de vĂ©ritables changements allant Ă  l’encontre de tous ces boulets, qui ne font qu’affaiblir l’Union EuropĂ©enne.

  4. Paulie dit :

    L’armĂ©e europĂ©enne, une excellente idĂ©e, il faut bien qu’un jour l’Union EuropĂ©enne se donne les moyens, afin d’accentuer son rayonnement dans le monde. La force militaire fait parti de ces moyens. Toutefois, on connait l’attitude de certains pays membres de l’Union EuropĂ©enne, qui ne font que profiter des avantages, et qui n’ont jamais voulu de cette armĂ©e. On connait Ă©galement des pays, qui ne voudront pas d’une armĂ©e europĂ©enne tout simplement, parce qu’ils ne possèdent pas l’arme nuclĂ©aire et qu’ils comptent fortement sur la protection des États-Unis. Et en parlant des États-Unis, ces derniers qui ont contribuĂ© fortement après la Seconde Guerre mondiale Ă  la reconstruction de l’Europe, se sont toujours opposĂ©s Ă  cette armĂ©e. Avec tant d’obstacles Ă  la crĂ©ation d’une vĂ©ritable armĂ©e europĂ©enne, on peut s’interroger sur le vĂ©ritable dĂ©bouchĂ© des ces idĂ©es d’armĂ©e…
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  5. D. Forget dit :

    Cette volontĂ© de crĂ©ation a au moins le mĂ©rite d’intĂ©grer dans la conscience collective l’intĂ©rĂŞt d’une armĂ©e europĂ©enne. C’est lĂ  aujourd’hui son rĂ´le majeur.

    « L’Europe ne se fera pas en un jour, ni sans heurts. Son Ă©dification suivra le cheminement des esprits. Rien de plus durable ne s’accomplit dans la facilitĂ©. DĂ©jĂ  l’Europe est en marche et par-delĂ  les institutions existantes, l’idĂ©e europĂ©enne, l’esprit de solidaritĂ© communautaire ont pris racine ».
    Robert Schuman

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